Créer une radio associative libre et open source est-ce possible ? – [Partie 1] – Le commencement

⚠ Ce billet date du 18 mai 2015 !
Il est donc ancien, les propos ne sont peut-être plus exacts aujourd'hui et le contenu et les liens ne sont plus assurés.

Voilà quelques années qu’avec mon compère Augier, nous nous sommes lancés le défi de créer notre radio locale, et pour être plus précis, une webradio.
En effet en Île-de-France il est très compliqué pour ne pas dire impossible d’obtenir une bande FM. Le CSA, l’autorité qui délivre les bandes FM, nous avait dit qu’une attente de 5 à 10 ans minimum était à prévoir pour l’obtention d’une fréquence FM, et surtout nous n’étions pas seuls sur la liste d’attente, autant dire que c’est le parcours du combattant !
Et franchement, pour être tout à fait honnête, nous sommes persuadés que l’avenir de la radio c’est la webradio. Pourquoi ? Nous sommes tout simplement partis sur quelques faits : la RNT (Radio Numérique Terrestre, la TNT de la radio) ne décollait pas d’un pouce et qu’aucune grosse radio nationale n’y a mis un kopeck, et que ces dernières misent tout sur l’Internet.
Avec nos smartphones connectés H24, nos tablettes qui font de même, et les forfaits data illimités, il ne serait pas étonnant que dans quelques années nous ayons des autoradios qui pourront se connectés à l’Internet mobile. Et puis, en voiture, si vous êtes un minimum geek, vous savez déjà relier votre smartphone à votre autoradio !

Malgré tout, la FM fonctionne encore et, à mon humble avis, a encore de belles années devant elle, pour cause, premièrement, les autoradios, actuellement, utilisent la FM, les postes de radio à la maison aussi, et puis il faudrait faire rééquiper tous les foyers et toutes les voitures, autant dire que ce serait un beau bordel et puis les petites mamies et petits papis qui ont par fois du mal avec la TNT allez leurs faire utiliser un poste de radio internet !
Sans oublier qu’ils n’ont très certainement pas internet chez eux, surtout quand on sait que seulement 80,7 % des foyers ont un accès Internet (en 2014)… Bref, à moins d’avoir un internet ouvert à tous sans supplément, je ne vois pas comment faire adopter la radio en 100% internet et lâcher la FM.
Cependant la jeune génération n’écoute quasiment plus la radio via la FM, l’utilisation des applications mobiles est en vogue. Même ma mère utilise de temps à autres l’application RTL sur son smartphone ou écoute depuis son PC (depuis que je lui ai fait découvrir que c’était possible) !

Bref, nous sommes tout de même persuadé que l’avenir de la radio se fera sur le net !

Lorsque nous nous sommes lancé là dedans, un tas de question sont venues.

– Comment trouver un modèle économique ?
– Comment faire de la radio à moindre coût ?
– Comment se différencier des milliers de webradios existantes autour du monde ?
– Comment faire venir les gens ?

Et j’en passe !

Comment se démarquer des autres ?

C’était l’une des questions à laquelle nous avions eu quasiment instinctivement la réponse. Il fallait surtout savoir quel public viser : les jeunes, les moins jeunes, les vieux ? On s’est dit qu’autant faire les choses bien, autant pousser le bouchon au delà des bornes des limites Maurice ! On va viser tout le monde ! Mais comment ?
Nous avions donc conclu qu’il y avait deux types d’auditeurs (et sûrement plus), celui qui écoutent pour se divertir ou avoir un bruit de fond, et celui qui recherche de la qualité et veut s’instruire un minimum.
Alors… Faisons deux radios !
Bon, je ne vous cache pas qu’administrativement c’était corsé.
Au final nous avions donc opté pour deux radios.
L’une d’elles au contenu récréatif, axé sur les moins de 25 ans, l’autre au contenu divertissent et cultivant axé sur les plus de 25 ans.

C’est bien beau mon loulou mais une radio, ça ne se fait pas comme ça, il faut du matos non ?

Effectivement, nous avions des ambitions de gourmands, notre premier budget prévisionnel était d’un peu plus de 22000€… Bon, après révision de nos exigences revus à la baisse, nous étions retombés à un peu plus de 9000€.
9000€ c’était encore beaucoup, et l’on comptait sur une subvention. Non ne rêvez pas, les subventions ne tombent pas du ciel. Pour les obtenir, il nous fallait deux ans d’activité… Mais pour faire deux ans d’activité, il nous fallait du matos, et pour le matos… Il nous fallait les subventions… Miaouuuuu, oui, le chat s’est mordu la queue !

Nous avions donc tenté toutes les possibilités avant de se résigner à investir nous-mêmes.
À ce moment là nous n’avions ni matos ni locaux, et nous étions trois adhérents dont les deux fondateurs. Ah, qu’ils sont cons ces jeunes 😀

Investir 9000€ de notre poche dans du matos que nous n’avions pas la certitude de pouvoir le poser dans un beau local prêté par la mairie était un choix osé, d’autant plus que nous nous étions pris une belle claque dans la gueule bien méritée au conseil municipal, lorsqu’après la présentation du projet, on nous a clairement dit que s’il n’y a pas plus d’adhérents et pas de matos, et bien pas de locaux.

Pas d’bras pas d’chocolat !!!

Alors nous avions fait de la restriction budgétaire ! Oui, je voulais caler cette phrase quelque part !
En cherchant du matériel de seconde main sur des forums spécialisés, nous avions réussi à acheter le plus gros du matériel, pour à peu près 2000€.

Mais voilà, nous n’avions pas de local pour s’établir, c’était plutôt embarrassant, il nous en fallait absolument un, nous avions donc continué notre relation avec la municipalité et plus précisément avec l’élu à la culture, qui nous a bien conseillé, soit-dit en passant. Mais un événement est venu tout chambouler, il y a eu… Les élections municipales… Du coup, il n’y avait plus trop de motivation de la part de la municipalité, d’après moi, ils sentaient venir la défaite de leur parti, le front de gauche, pour laisser place à un parti de droite du fait de la politique menée par le gouvernement PS, le fameux vote sanction.
Vous l’aurez sans doute deviné, aux élections le nouveau maire fut un maire de « divers droite », nous avions alors un début de dialogue avec cette nouvelle municipalité, au début vous vous en douterez, nous avions eu le droit à des réponses du type « nous venons de nous installer » donc en gros « les mecs, attendez au moins un an avant de nous demander quelque chose ! » Certains élus se sont empressés de nous dire qu’il n’y avait pas de locaux disponible.

Mais Stef, tu n’avais pas pris contact avec les autres associations de la ville ? Et l’ancienne municipalité disais quoi à ce sujet ?

En effet, j’ai quelques connaissances dans les associations de la ville, certaines d’entre elles m’ont confirmé qu’il y avait des locaux disponible, certains m’ont même montré une pièce inutilisé au sein de leur propre local associatif… Mais la municipalité insiste, il n’y a pas de locaux disponible, par contre ce serait bien de faire une émission en live du forum des associations et interviewé les autres associations, et faire pleins de trucs !
Yeah ! Ils ont cru qu’ils allaient nous commander ! LAULE ! Bref, en tout cas nous n’avions pas, ici, la franchise de l’ancienne municipalité.

Comment faire quand on a une association, 8 adhérents qui veulent faire les cons derrière un micro, que sur le lot nous ne sommes que deux puis trois d’investis à 200% ? Comment gérer cette association, avec des membres qui vous mettent plus de bâtons dans les roues plutôt que vous aider ? Virer les membres qui vous donnent du fil à retorde ?

Euh, mais c’est pas une entreprise !!

Effectivement, ce n’est pas une entreprise, je ne peux pas les virer, sinon croyez moi que ça aurait été un licenciement immédiat sans indemnité !

Résumons, nous avons l’association, la structure juridique, du matos et des membres.
Malheureusement Augier a décidé de quitter ses fonctions à responsabilité pour se concentrer sur son avenir personnel et professionnel. Un nouveau membre a rejoint en cour de route et aide vraiment du mieux qu’il peut lui aussi.
Mais nous sommes de retour à la case départ après 3 années de travail, nous voilà donc de nouveau à 3 pour travailler et les autres membres dorment et n’attendent que le début des festivités.

Mais un événement est venu tout chambouler !

La suite dans la partie 2 ! Oh putain, suspens de ouf !

Partie N°2 >>

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